Un être humain est une partie du tout, que nous appelons

“Univers”, une partie limitée par l’espace et le temps. Il expérimente lui-même ses pensées et ses sentiments comme quelque chose de séparé du reste —-une sorte d’illusion d’optique de la conscience.

Cette illusion est pour nous une forme de prison, nous limitant à nos désirs personnels et à l’affection pour les quelques personnes vraiment proches de nous. Notre tâche doit être de nous libérer de cette prison en élargissant notre cercle de compassion, pour embrasser dans leur beauté toutes les créatures vivantes et l’ensemble de la nature.

A. Einstein

(Extrait de « Au cœur du vivant » de Jacqueline Bousquet)

 

P 116 et 117 : A nouveau, je réalisai  quel point il est difficile pour un physicien d’abandonner les idées qui ont jusque-là constitué la base de sa pensée et de son travail scientifique. Pour Einstein, l’œuvre de sa vie avait consisté à analyser ce monde objectif des phénomènes physiques qui se déroulent dans le temps et l’espace, indépendamment de nous, selon des lois fixes. Pour lui, les symboles mathématiques de la physique théorique devaient reproduire ce monde objectif et, par conséquent, rendre possible des prédictions concernant son comportement futur. Et maintenant, on venait lui affirmer qu’au niveau des atomes un tel monde objectif, dans l’espace et le temps, n’existait pas ; et que les symboles mathématiques de la physique théorique ne pouvaient reproduire, à ce niveau, que le possible et non le réel.